Septembre 2003 - Slash (édition française) ---------------------------------> auf deutsch

Otto Kohler:
Le métier de graphiste a changé complètement

Otto Kohler, 55 ans, graphiste et peintre, travaille en tant qu'indépendant en Argovie. Son activité est principalement la presse, le Web et l'illustration. Récemment, il a par exemple relooké l'Express et l'Impartial. Son travail est visible sur son site www.ocolere.ch et www.bannershop.ch.
Depuis quand êtes-vous graphiste?
"J'ai travaillé en tant que graphiste dès que j'ai eu terminé les Arts Graphiques à Bienne en 1975."

Depuis quand utilisez-vous Internet pour votre travail de graphiste?
"Depuis huit ans, tout s'est passé petit à petit."

Quelle est la part du numérique dans votre travail?
"Une énorme partie; je travaille avec un Mac, une tablette graphique et un stylet. Je n'hésite pas à utiliser crayons et pinceaux, pour ensuite scanner ou passer la création à la caméra numérique. La suite, c'est de corriger, améliorer, recadrer, changer, etc."

Sur votre site, vous présentez une partie de votre travail.
Cela vous a-t-il permis d’avoir de nouveaux clients?
"Oui, mais la grosse part des clients est issue de contacts personnels, de recommandations. Mon site est surtout une carte de visite efficace. Les clients potentiels peuvent se faire une idée de ce que je fais. Donc, moins de longs entretiens et de déplacements inutiles, de books dépassés, etc."

Quelle est la part de votre travail générée par Internet?
"Une bonne partie. Aujourd'hui, la quasi totalité de ce que je produis est expédiée par le Net. Les briefings aussi me parviennent sous forme de PDF ou simplement de courriels. Il y a malgré tout toujours un contact humain."

Trouvez-vous sur la Toile de nouvelles sources d’inspiration?
"Bien sûr, je suis très curieux des tendances et de la progression des technologies."

En quoi le Réseau des réseaux a-t-il changé votre approche du graphisme?
"La rapidité, la possibilité de réaliser et de visualiser dans l'immédiat une idée. Avec les logiciels Adobe, les possibilités sont énormes. En maîtrisant les logiciels, la création devient géniale et sans limites. Par contre, les idées sortent du cerveau, pas de l'ordinateur!"

Quelle est, selon vous, la place du graphisme dans ce nouveau support de communication?
"Sa place est capitale. Il n'y a plus de graphiste sans Internet. Toutes ces informations doivent être mises en forme afin d'être vues et lues d'une façon efficace et agréable. On doit retrouver facilement ce que l'on cherche. Tout est lié, le métier a changé complètement."

Comment voyez-vous l’avenir de votre profession?
"Je pense que la Toile va permettre à des gens des pays pauvres de travailler. J'imagine sans sourciller un nouveau Dimanche.ch se faire complètement à Bombay. Le journal sera expédié numériquement à l'imprimerie. Donc... attachez vos ceintures!"

Avez-vous un conseil à donner à de jeunes graphistes?
"Travailler, bien lire les bouquins qui accompagnent les logiciels, tester les nouvelles fonctions. Résister aux modes passagères. Un vrai travail est toujours reconnaissable. Il faut aimer son travail, ne pas être avare de son temps."

Propos recueillis pour SLaSh par Robert MARTI